20.08.2009 09:22:34   /   bonus.ch - News   /   Assurance

Pilules amaigrissantes sur internet : achat à proscrire

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Compter ses kilos et les pilules. Régime: La toile a multiplié les possibilités de se procurer des produits amaigrissants, inutiles et dangereux. Tout un marché noir s’est organisé autour de la pression du poids.

Elle vous nargue avec ses courbes idéales, son ventre tonique et ses fesses rebondies: elle a perdu 10 ou 20 kilos en un minimum de temps grâce à la pilule machin chose ou la tisane xy. Elle vous assure, c’est mi-ra-culeux, et sur elle, ça a marché. Qui n’a pas lu des témoignages bidon dans les magazines et sur la toile? Le web surtout fourmille de telles promesses. Il alimente tout un marché noir, où circulent des copies douteuses de médicaments interdits ou disponibles en Suisse seulement sur ordonnance, ou pire des produits à l’origine incertaine et carrément toxiques. Attention danger!

Récemment, l’Office fédéral de la santé publique a diffusé une mise en garde contre un complément alimentaire non autorisé, mais que des privés se procurent sur Internet. Censés augmenter la combustion des graisses, les produits de la gamme Hydroxycut contiennent une substance qui a causé de graves lésions du foie à des consommateurs américains et finlandais. A Berne, Swissmedic, l’autorité suisse de surveillance des médicaments, analyse les lots de médicaments douteux saisis par l’Administration fédérale des douanes. En 2008, cela représente 678 lots de produits dopants, amaigrissants, contre l’impuissance... Les saisies sont en augmentation et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Concernant les produits de régime, Catherine Manigley, cheffe de la Division contrôle des médicaments, explique que les principales contrefaçons trouvées, avec des dosages fantaisistes, sont l’orlistat (commercialisé sous le nom de Xenical), le sibutramine (Reductil) et le rimonabant (Acomplia).

Cocktails toxiques

Les deux premiers médicaments sont prescrits uniquement sous contrôle médical, à cause de leurs contre-indications. Il peut être dangereux de les prendre sans suivi. Le sibutramine particulièrement est incompatible avec certaines maladies cardiovasculaires, dont l’hypertension. L’orlistat peut réduire l’assimilation d’autres médicaments et de la pilule contraceptive. Sans compter que ce ne sont pas des produits miracles. «Nous les prescrivons pour accompagner la prise en charge d’un patient, en association avec un changement du comportement alimentaire. Pris seuls, leur efficacité est très moyenne», constate Vittorio Giusti, endocrinologue, médecin responsable de la Consultation d’obésité et des troubles du comportement alimentaire au CHUV. Quant au rimonabant, il a été interdit sur le marché mondial parce qu’«il rend dépressif. Il y a eu des suicides», rappelle Catherine Manigley.

Ces substances se trouvent aussi dans les produits «à base de plantes» analysés par Swissmedic. Des produits soi-disant «naturels» qui contiennent aussi des stupéfiants ou des métaux lourds, résume Catherine Manigley. L’émission «A bon entendeur» a détaillé leurs cocktails toxiques: plomb, mercure, amphétamines, tranquillisants, antidépresseurs. Des mixtures inquiétantes. D’autant que toutes ces substances sont très mal, voire pas déclarées du tout. Aucun moyen de savoir ce que contiennent les produits que vous achetez.

A grande échelle

Il s’agit d’un marché noir organisé, criminel et lucratif. Catherine Manigley précise qu’il faut des laboratoires bien équipés pour produire des médicaments à grande échelle. Selon ses chiffres, les pays asiatiques, Inde et Chine en tête, fournissent la grande majorité de ce marché illégal. Certains paquets transitent par des pays européens, mais ont probablement aussi été fabriqués en Asie, là où le marché des médicaments est mal contrôlé. Le domaine d’un site web ne dit rien du lieu où il est hébergé. Et ce business n’est pas près de s’arrêter. La pression sur la silhouette élancée est au moins aussi forte que la demande de produits de régime. Sur les 400 à 500 nouveaux patients, dont 80% de femmes, soignées chaque année à la Consultation du CHUV, plus de la moitié ont acheté des pilules sur la toile et quasiment toutes ont déjà essayé des compléments alimentaires vendus dans les pharmacies ou par correspondance et ont testé des programmes amaigrissants.

«Même si tous ces programmes ne servent à rien, n’aident pas à maigrir sur le long terme, ou pire sont dangereux, le marché est de plus en plus important», s’inquiète Vittorio Giusti. Et tout cela au prix de beaucoup de souffrance. Difficile en effet de ne pas regarder sans frustration ni culpabilité la grande bringue de la pub, au coeur léger et à la peau lisse.

Gros risque de dépendance

L’arrivée sur le marché européen d’une demi-dose d’orlistat (la substance du Xenical) ne réjouit pas le Dr Giusti. Parce que la disponibilité d’Alli, qui est en vente sans ordonnance, ne fera que renforcer, chez des patients déjà fragilisés, la dépendance aux médicaments. Cette dépendance ne touche pas que les personnes en surpoids. Mais aussi des femmes qui ont un poids tout à fait normal au départ mais qui ont une très mauvaise image de leur corps et développent des troubles du comportement alimentaire comme la boulimie ou l’anorexie et qui angoissent à l’idée de reprendre du poids. Le marché potentiel d’Alli est donc plus large que celui des personnes en surpoids. En Europe, il est prévu que les pharmaciens vérifient que les acheteurs d’Alli sont bien en surpoids. Mais il suffit d’y envoyer sa copine ou de le commander sur la toile...
Ce n’est pas le seul problème, explique le Dr Giusti. Comme tout médicament, l’orlistat a des contre-indications. Il réduit l’absorbtion de la pilule contraceptive ou d’autres médicaments. Si on en abuse, des carences en vitamines peuvent apparaître. De plus, «il ne fait pas maigrir de manière significative. Il faut y associer un changement de ses habitudes alimentaires». Swissmedic ne fait aucun commentaire au sujet de la procédure d’homologation. Le médicament n’est pas encore disponible dans les officines suisses.

Ça commence avec 3 ou 4 kilos à perdre

Anxiété, dépression, manque d’affirmation de soi, mauvaise image de son corps: les personnes en surpoids sont parfois fragiles et sont les cibles privilégiées de messages publicitaires réducteurs. Pour Vittorio Giusti, endocrinologue, médecin responsable de la Consultation d’obésité et des troubles du comportement alimentaire au CHU, vouloir maigrir à tout prix, c’est mettre le pied dans un engrenage dangereux.«Au départ de l’aggravation de l’obésité, quand la courbe du poids s’est mise à augmenter, il y a l’utilisation de compléments alimentaires et de médicaments. Ça commence avec 3 ou 4 kilos à perdre.» Il suffit de faire des régimes hypocaloriques, de prendre des gélules pour perturber le métabolisme. On entre alors dans une spirale de perte de poids et de prise de poids encore plus importante. C’est le fameux et très frustrant effet yo-yo. Vittorio Giusti: «Vouloir maigrir facilite les compulsions alimentaires. Les restrictions sévères favorisent la perte de contrôle face à la nourriture.» Diurétiques, laxatifs, qui peuvent provoquer une déshydratation, n’arrangent rien. Sans compter les amphétamines: «Tout l’organisme en souffre. On augmente le métabolisme, on brûle des muscles, des os, on fatigue le coeur. Et dès qu’on arrête, comme le métabolisme est perturbé, on reprend très vite de la graisse», détaille le Dr Giusti. S’installe une dépendance aux produits de régime. «C’est de pire en pire, on aggrave sa situation, donc on va rechercher quelque chose d’encore plus puissant.» Mais contrairement aux messages véhiculés par la pub, «il n’existe pas de pilule miracle», rappelle Vittorio Giusti. Aucune pilule, ni aucun régime, ne peut faire perdre 10 ou 20 kilos en peu de temps et surtout à long terme. Pour perdre un seul kilo de graisse, il faut que l’organisme élimine environ 7000 kilocalories. Pour perdre 10 kilos, cela revient à ce que le corps utilise 70 000 kilocalories dans ses réserves de graisse. Le Dr Giusti: «C’est impossible à réaliser en quelques semaines, même en ne mangeant rien.» A la Consultation du CHUV, les patients sont suivis jusqu’à 5 ou 6 ans.

Source : Le Quotidien jurassien, ELISABETH HAAS, La Liberté, août 2009

     

 
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